Haïti: Le ministère du Tourisme: entre discours et action
Le Nouvelliste, Haïti
Identifié comme quatrième secteur de croissance par le Premier ministre Michèle Duvivier Pierre-Louis lors de la présentation de sa politique générale au Parlement, le tourisme semble n'être plus une priorité d'Etat. Le projet de loi de finances 2009-2010 déposé au Parlement ne prévoit qu'une allocation de 50 millions de gourdes comme budget d'investissements publics du ministère du Tourisme.
De 71 millions de gourdes comme budget d'investissements publics dans la loi de finances 2007-2008, le ministère du Tourisme n'a, au cours de cet exercice fiscal, pour investir dans ce secteur, qu'une enveloppe de 64 millions, selon le directeur général du ministère du Tourisme, Daniel Fouchard.
Le gouvernement a une nouvelle fois revu à la baisse les fonds d'investissements publics dans le projet de loi de finances à l'étude à la Chambre des députés. Ce poste budgétaire est de l'ordre de 50 millions. A coté de cet investissement public, 59 millions de gourdes sont ajoutées grâce à la coopération taiwanaise dans le Sud et celle de l'Espagne à Jacmel. Ce qui porte à 109 millions de gourdes le budget d'investissements prévu dans ce secteur.
Le ministère du Tourisme n'a pas les moyens de sa politique
Bien que le tourisme soit indexé comme un vecteur de croissance, un secteur porteur pour un développement économique et social durable et de qualité dans le Document de Stratégie Nationale pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté (DSNCRP), l'industrie du tourisme est en mal de développement. La plupart des hôtels, des établissements de restauration touristique ne répondent pas aux normes standard de fonctionnement. Et plus loin, les données relatives à l'ensemble des établissements et loisirs touristiques ne sont pas actualisées (les dernières enquêtes sur les équipements touristiques datent de 1996) par faute de moyens, selon Wilfrid A. Casimir, chef de service de contrôle et de suivi des établissements et loisirs touristiques, une entité en attente de devenir une direction au sein du ministère vue les tâches qui l'attendent sur le terrain.
Autant de difficultés pour comprendre que l'aménagement des sites touristiques du pays n'est pas pour demain. Même ledit ministère ne dispose pas de local approprié pour une industrie aussi porteuse. « Le ministère est logé dans les quelques pièces concédées par le ministère du Commerce et de l'Industrie », a déclaré le directeur général du ministère du Tourisme, Daniel Fouchard. Il a affirmé que le ministère du Tourisme est prêt à offrir un nouveau cadre politique d'aménagement touristique. « Si nous disposons d'un budget d'investissements de l'ordre de 20 milliards de gourdes, nous allons exécuter le plan directeur du ministère, déjà rendu public, qui favorisera la croissance du tourisme », a-t-il dit, ajoutant que la contribution d'autres politiques publiques comme l'éducation, la santé, les infrastructures, l'environnement... sont indispensables dans la réalisation de ce plan.
Parallèlement, le ministère du Tourisme vient d'organiser un atelier de travail de concert avec le Centre de facilitation des investissements (CFI) pour la création d'un fonds global de développement du tourisme qui servira de garantie pour les éventuels entrepreneurs désireux d'investir dans le tourisme en Haïti. Plusieurs partenaires privés dont des acteurs du système financier, la Sofihdes et des institutions étrangères comme l'OEA et l'Agence canadienne de développement international (ACDI) sont impliqués dans la constitution dudit fonds.
A noter que plusieurs initiatives privées ont contribué à tenir le secteur touristique en vie. C'est le cas de citer notamment le site Labadie (Solano) rapportant, chaque année, plusieurs millions de dollars américains à l'Etat haïtien, l'Association touristique d'Haïti (ATH) qui vient d'inaugurer un portail pour la promotion d'Haïti sur le web, le projet « Haitian Diaspora Market Place » qui priorise des investissements dans le secteur touristique, La Gonâve Economic Development Group et Global Renewable Energy group qui prévoient d'exécuter un ensemble de projets sur l'île de la Gonâve susceptibles d'attirer les touristes.
















